Carnaval national : Brother’s Posse roi des suspens


Don Kato, photographié par le journal haïtien Le Nouvelliste


C’est un fait. Le sort de Brother’s Posse dans les festivités carnavalesques se suit et se ressemble, depuis que le début du quinquennat de Michel Martelly. Le groupe, qui une meringue à succès, est inscrit sur la liste des groupes retenus pour le défilé carnavalesque au Cap-Haïtien, après qu’il a d'abord été écarté. Comme l’an passé, le groupe a été repêché in extremis.

Brother’s Posse figure parmi les groupes musicaux retenus pour animer les festivités carnavalesques aux Cap-Haïtien, les 10, 11 et 12 février 2013, a confirmé Gilbert Bailly, président du comité du carnaval national. Une certaine volonté d’écarter le groupe, mélangeant allégrement les rythmes roots, rock et reggae, a provoqué un climat de tensions entre le président du comité du carnaval, Gilbert Bailly, et Don Kato, interprète de "Aloral" (à l’orale, en créole), titre de la meringue carnavalesque de Brother’s Posse.

Le groupe de Don Kato fait partie des orchestres très critiques envers le pouvoir en place. Sa méringue 2013, intitulée « Aloral », souligne que le gouvernement Martelly-Lamothe (sans le citer nommément) n'arrive pas à faire "atterrir" ses nombreuses promesses. Tout reste au stade oral, selon le texte de la chanson.

Mauvaise information ?

"Joe Doré et moi, nous étions les premiers à produire Don Kato (ndlr : chanteur vedette de Brother’s Posse) à FX Studio. Cela fait environ vingt ans depuis que je le côtoie, je ne vois pas pourquoi il y aurait des différends maintenant, a calmé M. Bailly sur les ondes de plusieurs radios de Port-au-Prince. Dès le départ, Brother’s Posse faisait partie des premiers groupes choisis, parce qu'on sait que Don Kato est du Cap-Haïtien. Un artiste de sa trempe, tout comme Jacques Sauveur Jean, ne saurait être absent. Peut-être que Don Kato a été mal informé."

Questionné sur l’absence du groupe RAM appartenant à Richard Morse, le conseiller du chef de l’État qui a récemment démissionné, M. Bailly a confirmé le retrait volontaire de cette formation musicale. Quant à Boukman Eksperyans, ténor de la musique racine depuis les années 80, le président du comité de la plus grande manifestation culturelle du pays n’a pas de promesse. Il n’a pas tué non plus les derniers espoirs du groupe et de ses fans.