Jamaïque : le plan de réforme économique du gouvernement critiqué


Portia Simpson-Miller, Premier ministre de la Jamaïque, aux côtés du ministre des Finances, Peter Phillips.

Le Premier ministre, Portia Simpson-Miller, et le ministre des Finances, Peter Phillips, ont annoncé lors d’une émission télévisée mardi soir, le lancement d’un plan de réforme économique dénommé « National Debt Exchange Offer » (Offre national d'échange de la dette ». Le plan est mal accueilli par l’opposition.

La mise en application de ce plan doit permettre au gouvernement de conclure un nouveau contrat de prêt avec le Fonds monétaire international (FMI). L'organisme international a refusé d'octroyer un nouveau prêt à la Jamaïque, sans engagement de sa part à réduire significativement sa dette faramineuse. Selon le gouvernement, la dette du pays dépasse actuellement 140% de son produit intérieur.

Critique unanime de l'opposition

Les partis de l’opposition ont critiqué sans ménagement ce nouveau plan du gouvernement. « Ce programme va avoir des effets dévastateurs sur la population. Car il s’agit d’un package d'impôt de 16,4 milliards de dollars », a averti le chef de file de l’opposition, Andrew Holness, cité par Jamaica Observer.

D’après le ministre des Finances, cette réforme rendra possible la réduction de la dette extérieure de la Jamaïque d’environ 17 milliards de dollars par an d'ici à 2020 par rapport au PIB de 8,5%. « Ce programme entraînera d'importants sacrifices de la part de nos institutions financières et de nos créanciers. Il sera douloureux et difficile, mais nous n'avons pas le choix », a-t-il dit.

Consultations collégiales

 «Il y avait des réunions avec toutes les parties prenantes, mais le gouvernement ne nous avait rien annoncé », a critiqué, pour sa part, le chef du parti Jamaica Labour (JLP), Horace Chang.  «Nous avons entamé des consultations sur la question avec notre base et nous allons, dans les prochains jours, en discuter avec le secteur privé, les syndicats et d'autres groupes », a-t-il poursuivi.

Des organisations de la société civile ont également critiqué l’annonce du gouvernement.
 

Jean Pharès JEROME