Tourisme : Haïti, le pire compétiteur

Avec 2,59 points, Haïti est placée en dernière position : 140e sur les 140 pays pris en compte dans le dernier classement mondial sur la compétitivité touristique établi par le Forum économique mondial.

"Réduire les obstacles à la croissance économique et la création d’emplois", tel est le thème du rapport rendu public, hier mercredi, par Group Croissance.

La place occupée par l’ancienne "perle des Antilles" est peu enviable, par rapport aux voisins de la région. La République dominicaine est 86e, et la Jamaïque 67e au classement général de l'année 2013. La Barbade est reine du tourisme caribéen : 3e dans le classement des Amériques et 27e mondial.

La portion congrue

En 2012, Haïti a reçu la visite de 349 000 touristes étrangers. Piètre score comparé aux quelque 4 millions 306 000 pour la République dominicaine, et pour la Jamaïque, un million 951 000.

Ces touristes ont généré dans l'économie 162 millions de dollars de revenus en Haïti, 4 milliards 352,8 millions en République dominicaine et 2 milliards 12,5 millions à la Jamaïque, selon le rapport 2013 sur la compétitivité touristique.

Le classement de 27 pays des Amériques voit les Etats-Unis caracoler en tête du classement. Suivent le Canada (2e), la Barbade (3e), le Panama (4e), le Mexique (5e), le Costa Rica (6e), le Brésil (7e), Porto Rico (8e), le Chili (9e), l'Uruguay (10e). Cuba ne figure pas sur la liste.

Renverser la tendance

La Suisse est le pays le plus compétitif avec son score de 5,32. Elle est suivie de neuf autres pays, pour le top 10 des plus compétitifs. Ce sont l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, le Canada, la Suède, le Singapour. Seulement des changements de rang constatés par rapport au top 10 de  2011.

L'instabilité politique a eu des conséquences désastreuses sur l'industrie touristique en Haïti durant ces dernières années.

"Les hommes politiques et le secteur des affaires doivent conjuguer leurs efforts pour renverser la tendance", a déclaré l'économiste Kesner Pharel, dont l'entreprise – Group Croissance- est chargée de mener les enquêtes en Haïti pour le compte du Forum économique mondial.

"Le secteur touristique est très sensible aux crises et aux différents problèmes au sein de la société."

Réduire les obstacles à la croissance économique

L'analyse tient compte de trois grands piliers : le cadre général régulateur (système politique, sécurité, santé, efforts mis en place pour soutenir le tourisme); l'environnement des affaires et les infrastructures existantes (transport aérien et terrestre, réseau informatique et communications…); les ressources (ressources humaines, affinité de la population avec le touriste, ressources naturelles et ressources culturelles).

L'indice est calculé sur une échelle de 1 à 7, la note de 7 étant la maximale.

Le cinquième rapport du Forum économique mondial sur le voyage et le tourisme met l'accent, cette année, sur la "réduction des obstacles à la croissance économique et de la création d'emplois".

Il comprend des profils détaillés des 140 pays couverts, y compris une synthèse globale de leur position générale dans l'indice et un relevé des avantages et inconvénients compétitifs du secteur du tourisme et du voyage les plus saillants de chacun d'entre eux.