Sept personnes renvoyées devant le tribunal criminel aux Gonaïves


Gonaïves, cité de l’indépendance.


Le juge d’instruction Pierre Michel Denis a rendu récemment sa décision relative à l’affaire du meurtre de Pétonne Narcisse, ex-directeur d’un collège aux Gonaïves, par un arrêt de renvoi devant le tribunal criminel.

Sept personnes, dont un ancien directeur départemental du ministère de l'Éducation nationale, sont renvoyées devant le tribunal criminel pour leur implication présumée dans l'assassinat de Pétonne Narcisse, aux Gonaïves. Le juge d'instruction Pierre Michel Denis a remis son ordonnance au commissaire du gouvernement des Gonaïves, Me Enock Géné Génélus, pour son réquisitoire définitif.

Arnold Christian, avocat et ex-directeur départemental du ministère de l'Éducation nationale, figure parmi les personnes indexées dans l'ordonnance du juge Denis. L'avocat de M. Christian, selon le commissaire du gouvernement de la cité de l'Indépendance, a décidé d'interjeter appel. L'affaire, dit-il, a été envoyée à la cour d'appel des Gonaïves pour les suites nécessaires. "J'ai été provisoirement dépossédé de cette affaire, en attendant la décision de la cour d'appel", a fait savoir Me Génélus.

Des preuves "fabriquées" ?

L'avocat de M. Christian, Guy Jacob Latortue, se dit étonné de la décision du juge d'instruction de renvoyer son client par-devant le tribunal criminel. Le juge ne dispose d'aucune preuve de la culpabilité d'Arnold Christian dans l'assassinat de Pétonne Narcisse, soutient Me Latortue. Les auteurs matériels du crime n'ont jamais dénoncé Arnold Christian comme auteur intellectuel de l'assassinat, a plaidé le juriste. Ce dernier espère un non- lieu au profit de son client.

Guy Jacob Latortue dénonce certains juges de la juridiction des Gonaïves qui ont pris, dit-il, la mauvaise habitude de "fabriquer des preuves contre de présumés coupables".

Enseignant de carrière, Pétonne Narcisse a été tué par balle, en août 2012. Il a été attaqué par des individus armés, dans son établissement commercial situé au rez-de-chaussée de sa maison privée, aux Gonaïves.