« Viol »: Le président du CEP aurait proposé 300 000 dollars à sa présumée victime


Le président du CEP Josué Pierre-Louis, accusé de viol


Accusé de viol sur sa secrétaire, le président du Conseil électoral contesté, Josué Pierre-Louis, a contre-attaqué en déposant une plainte contre la présumée victime. Le patron du CEP aurait, parallèlement, proposé 300 000 dollars et un poste diplomatique à sa présumée victime, en échange de son silence sur le viol présumé.  

« C’est faux et archifaux », a juré Me Josué Pierre-Louis, qui a nié en bloc les accusations de viol et d’agressions physiques portées contre lui, en début de semaine, par Marie-Danielle Bernardin, qui serait sa secrétaire. « Il n’y a pas une lueur de vérité dans ce qu’on dit », a répliqué M. Pierre-Louis, qui a donné sa version des faits lors d’une conférence de presse.   

Cette jeune femme n’est pas une employée du CEP, mais était du ministère de l’Intérieur, tient à préciser l’accusé. « Elle s’occupait de mes dossiers personnels et confidentiels, a confié Josué Pierre-Louis. La jeune femme est tombée en disgrâce à cause de ses activités d’espionnage. » Marie-Daniel Bernardin, a-t-il déploré, a fouillé dans mon ordinateur, mon téléphone, et partagé avec d’autres personnes des informations personnelles et politiques.

La version de Me Pierre-Louis,

Selon Josué Pierre-Louis, dans la soirée du 27 novembre, lui et une tierce personne ont demandé, en vain à Marie-Danielle Bernardin de restituer les informations en sa possession. "C’est à ce moment que je lui ai dit de ne plus remettre les pieds chez moi. Elle a pris peur et a contre-attaqué, comme elle l’avait indiqué dans un SMS (message texte) pour ne pas répondre des faits qui lui sont reprochés", a détaillé Me Josué Pierre. Ce dernier a indiqué qu’une lettre de plainte a été déposée au Parquet, en date du 22 novembre 2012. « La lettre n’est pas antidatée », a précisé le président de l’institution électorale, dont la démission est conseillée par des parlementaires et des organisations de défense des droits humains.      

« La place de Josué Pierre-Louis n’est plus au conseil électoral », a jugé Marie-Yolaine Gilles, porte-parole du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), qui soutient la plaignante. Ce n’est pas le vice-président du Sénat, Andris Riché, qui dira le contraire. Le parlementaire invite l’ancien ministre de la Justice, qui a été contraint à la démission, à se retirer du CEP afin de faciliter l’enquête ouverte sur les allégations de viol portées contre lui.

Le silence au prix de 300 000 dollars?

Le père de la présumée victime, Pétion Bernardin, a révélé à radio Kiskeya que le patron du CEP aurait proposé 300 000 dollars et un poste diplomatique à sa fille, en échange de son silence sur le viol qu’elle aurait subi.     

Dans une interview à Radio Kiskeya, M. Bernadin affirme avoir été contacté à ce sujet par des conseillers électoraux, dont Yves Benoît Jean-Marie, et plusieurs avocats venus chercher un « arrangement ». Outre le pactole mis sur la table, la fonction de chargée d’affaires à l’ambassade d’Haïti aux Etats-Unis ou au Canada ou encore un poste dans une mission consulaire aurait été proposé à Mlle Bernadin en vue de la persuader d’abandonner sa plainte déposée au parquet de Port-au-Prince.