Alain Richardson pourrait perdre son poste de président


Le président de la COM, Alain Richardson (au centre, face au micro), entouré des membres de sa majorité, lors de la conférence de presse de samedi.

À cinq jours de célébrer le premier anniversaire de la nouvelle mandature de la Collectivité, le Conseil d’État a examiné le compte de campagne d’Alain Richardson, après que celui-ci a été refusé par la Commission nationale des comptes.

L'affaire Louis-Constant Fleming, en 2007, n'aura décidément pas servi de leçons aux politiques de Saint-Martin.

Un précédent non pris en compte

Celui qui est devenu sénateur depuis avait vu son compte de campagne rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), car il n'avait pas ouvert de compte bancaire spécifique à cet effet. L'élection de Louis-Constant Fleming avait donc été annulée, ce qui avait porté Frantz Gumbs à la tête de la Collectivité.

Six ans plus tard, la commission des comptes a de nouveau rejeté le compte du vainqueur des élections territoriales, Alain Richardson, au motif que lui, a ouvert deux comptes ! L'un en euros, l'autre en dollars. Or, selon la loi, un seul compte en euros doit être ouvert dans une banque française.

Pour payer deux factures en dollars

« Nous avons ouvert un compte en euros et un en dollars dans la même banque, en partie française. Nous avons ouvert un compte en dollars pour pouvoir payer deux factures, qui étaient libellées en dollars. Nous ne voulions pas subir les pertes liées aux frais de change », a expliqué Alain Richardson, lors d’une conférence de presse organisée en urgence, samedi matin, et à laquelle les membres de la majorité ont pris part.

Ces deux factures, dont le montant total s’élevait à 6 800 dollars, étaient présentées par une entreprise française* dont « l’identité bancaire » et le montant étaient libellés en dollars. Une pratique courante à Saint-Martin, mais qui n’est pas légale sur le territoire français où la monnaie officielle est l’euro.

"Aucune intention frauduleuse"

C’est donc cette particularité locale, « cette réalité financière et économique » que le président de la COM a exposé au Conseil d’État, via son avocat, pour justifier de son acte. « Il n’y avait aucune intention frauduleuse de notre part. Durant toute la campagne, nous avons utilisé le compte en euros. Celui en dollars n’a été utilisé qu’une fois, pour recevoir un transfert pour payer ces deux factures », a martelé Alain Richardson.

« Lorsque vous ouvrez un compte en partie française dans une banque française, la banque vous offre la possibilité d’ouvrir un compte en euros et / ou en dollars », a-t-il indiqué au Conseil d’État. Or, « madame le rapporteur de la CNCCFP n’a pas voulu reconnaître cette réalité financière et économique », constate celui qui retourne le problème pour en faire une affaire d’État.

*NDLR : Alain Richardson n’a pas souhaité divulguer le nom de l’entreprise, ni celui de la banque et de son mandataire financier, lors de la conférence de presse.

 

Estelle GASNET