Caricom : les biens circulent librement, pas les personnes


Intervention du président Michel Martelly au Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Caraïbes

L’absence d’un système de transport empêche la libre circulation des personnes dans la Caraïbe, estime Michel Martelly, le président haïtien, qui est également président de la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).     

Le président Michel Martelly qui a clôturé, mardi soir, la 24e Réunion intersessionnelle de la Caricom, a placé l'absence d'un système de transport au cœur des problèmes liés à la libre circulation des personnes et des biens.

Une "Tour de Babel"

 Notre diversité constitue pour le président Martelly une richesse. « La culture des autres fait partie du patrimoine de nous tous. L'intégration est aussi la possibilité pour l'autre d'exprimer son unicité. Notre communauté est une tour de Babel qui doit être évaluée. », a-t-il déclaré.

 Depuis son adhésion formelle en tant qu'Etat membre de la CARICOM, pour la première fois, un Président d'Haïti assure la présidence tournante de  cette organisation régionale. C'est également la première fois qu'Haïti accueille une réunion des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

S'élever au-dessus des défis du passé

 « Il ne peut donc y avoir aucun indicateur supérieur, symbolique et de fond, qu'Haïti ait pris sa place légitime au sein de la communauté des Caraïbes », a déclaré, lors de son intervention à l'ouverture du Sommet, le Secrétaire général de la CARICOM, l'Ambassadeur Irwin Larocque, tout en saluant la capacité d'Haïti de s'élever au-dessus de ses « défis monumentaux du passé » pour prendre la direction de la Communauté. C'est, pour lui, un témoignage de la force et de la résistance du peuple Haïtien.

 « Ce sont des attributs qui ont valu à vous, Peuple haïtien, l'admiration de tous les Caribéens et devraient servir de source d'inspiration pour vos frères et sœurs de la région que nous sommes, confrontés aux mêmes défis sociaux et économiques de cette époque », a conclu l'Ambassadeur Larocque.

Le fardeau de la dette

 Le Secrétaire général de la CARICOM a fait allusion à la contagion financière et économique de 2008 ; l'insupportable fardeau de la dette et les politiques des Institutions financières internationales (IFI), qui ont exclu de nombreux Etats membres du financement concessionnel, et qui est basé sur des critères qui ne convenaient pas à la situation de la région.

 D’un autre côté, la question de la Sécurité régionale, relatée dans le discours du Chef de l'Etat, a été l'élément majeur à l'ordre du jour de la réunion. Diverses discussions ont été animées, autour de la lutte contre les niveaux croissants de la criminalité dans la région.

Un échange de vues avec Eric Holder, ministre de la Justice des Etats-Unis d'Amérique, a permis de faire le point sur les possibilités d'améliorer la vie des Haïtiens au sein de la communauté, par le biais du marché unique de la  CARICOM.

Travailler ensemble

 Le président de la République continue d'insister sur la mobilisation des peuples de la région autour de valeurs et  d’objectifs communs.

« Tout en étant conscients de certaines limites, notre processus d'intégration n'atteindra pas l'harmonie nécessaire à son perfectionnement si nos concitoyens n'apprennent pas à  se connaître et à s’apprécier les uns les autres et s’ils n'ont pas la possibilité de travailler ensemble. C'est le prix de l'unité et de la solidarité, pour lequel nous luttons tous », a affirmé le président Martelly.