Septentrionale et Anbyans, rois du Carnaval


Les ténors du Cap partagent la Une de Ticket magazine

Septentrionale et Anbyans – deux full-band du Cap-Haïtien – ont surclassé la quasi-totalité des formations musicales arrivées de Port-au-Prince ou de la diaspora, pour animer les trois jours gras dans la deuxième ville du pays, hôte du Carnaval national.

Bénéficiant d’une bonne sonorisation et supporté par ses aficionados, les musiciens et chanteurs du Septentrional – véritable pionner de l’histoire musicale du pays – ne faisaient pas dans la dentelle. Ils ont fait vibrer les dizaines de milliers de fêtards qui s’amusaient follement sur le parcours de 1,9 km. Anbyans, considéré comme la révélation du Carnaval 2013, a lui aussi montré ses muscles sur le parcours.  

Un dynamisme communicatif

"Presque toutes les formations musicales se déclarent vainqueur, mais Anbyans du Cap-Haïtien et Septentrionale ont trop bien animé le parcours carnavalesque que les autres groupes musicaux provenant de Port-au-Prince ou de la diaspora", a jugé Fabrice Rouzier, l’un des plus talentueux keyboardistes haïtiens.

Ce n’est pas Arly Larivière, keyboardiste lui aussi, qui contredira le maestro de Mizik-Mizik. "Anbyans just move", a commenté laconiquement le maître à jouer de Nu-Look. Ce dernier, qui réside aux États-Unis, a émis ses opinions à partir des images vues sur Internet.

"Anbyans, en bon challenger, a donné le ton, en drainant, durant les trois jours gras, une foule compact derrière lui", a rapporté un journaliste de HPN. "Dans un rythme très entraînant, Anbyans, de la cité christophienne, a fait vraiment danser leurs fans".

Oky James, le chanteur vedette de la jeune formation musicale, est un transfuge de l’Orchestre Tropicana d’Haïti, qui s’apprête à fêter ses 50 ans d’activités dans l’industrie musicale haïtienne.

Polémique ambiante

La bonne performance des groupes locaux a relégué au second rang les habituels champions du Carnaval, notamment T-Vice, Djakout #1 ci-devant Djakout Mizik, Rockfam, Barikad Crew. La polémique habituelle de ces formations musicales était encore au rendez-vous. Celle de Kreyol la et de Carimi aussi. Absent sur le parcours pour le premier jour gras, « Kreyòl la » a fait son entrée avec fougue au deuxième jour.

Boukman Eksperyans, repêché au dernier moment par le comité organisateur des festivités, a été empêché de défiler durant la  dernière nuit du Carnaval. Mimerose Pierre-Beaubrun, n’y va pas avec le dos de la cuillère. L’icône féminin du groupe a dénoncée « une dictature » du pouvoir, qu’elle et son mari de chanteur ont ironisé dans leur mérinque.