Aristide : audition à domicile


L’ex président d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide. – AFP


Jean-Bertrand Aristide a été entendu mercredi 9 janvier 2013 en sa résidence, à Tabarre, par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Lucmane Délile. L’ex-président d’Haïti fait l’objet d’une double plainte.

L’ambiance a été assourdissante dans les parages du Parquet de Port-au-Prince qui attendait, mercredi, Jean-Bertrand Aristide, objet d’une double plainte. Plusieurs milliers de partisans apportaient un appui chaud à l’ex-chef de l’Etat, resté discret depuis son retour au pays en mars 2011, après sept ans d’exil en Afrique du Sud.

Pour des raisons apparemment de sécurité, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Lucmane Délile, a convenu d’auditionner Aristide dans sa résidence privée, à Tabarre.

Sécurité maximale

Un dispositif sécuritaire impressionnant a été déployé autour du domicile de M. Aristide. Le temps de l’audition qui a durée une trentaine de minutes. Rien n’a filtré de l’audition déroulée en présence d’un des substituts du commissaire du gouvernement, et des avocats de celui qui a été deux fois président de la République.

L’audition s’est déroulée "dans une atmosphère cordiale", selon Me Mario Joseph, du conseil de la défense du leader charismatique de "Fanmi Lavalas". L’ancien président, a indiqué le juriste, s’apprêtait à se rendre à répondre à l’invitation du Parquet, avant que le commissaire du gouvernement ait jugé nécessaire de se rendre à la résidence privée de l’ancien prêtre catholique.

« Tout s’est bien passé », a laconiquement déclaré le commissaire du gouvernement en conférence de presse. "J’ai répondu, dit-il, volontiers à une demande d’audition au domicile de Jean-Bertrand Aristide". Des problèmes de sécurité, liés au statut d’ancien président de Jean-Bertrand Aristide, ont été évoqués.

Double chef d'accusation

Contraint à la démission en février 2001, avant de partir en exil pour la deuxième fois en en dix ans, Jean-Bertrand Aristide est poursuivi pour escroquerie et abus de confiance par la Coordination nationale des sociétaires de coopératives (CONASOVIC), que dirige Rosemond Jean.

L’ancien président est aussi dans la tourmente d’anciens pensionnaires de "Lafanmi sé lavi" (la famille c’est la vie, en créole), une œuvre caritative qu’il a fondé avant d’accéder à la magistrature suprême de l’État, en février 1991.

Claude GILLES